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Dans les coulisses des domaines Pierres d'Histoire
2 janvier 2026
Objectif Manche : Ravenoville, aux origines de Pierres d’Histoire
Au détour des routes du Cotentin, la découverte de Ravenoville marque la naissance de Pierres d’Histoire. Ruines, révélations archéologiques, recherches historiques et restauration patiente donnent naissance à un domaine d’exception, sauvé de l’oubli.
Objectif Manche
Sillonner les routes du Cotentin à la recherche d’un monument à sauver. Une quête guidée par l’instinct et la passion du patrimoine. Ravenoville sera le tout premier lieu de la famille Pierres d’Histoire.

La découverte de Ravenoville
En avril 2012, la propriété apparaît presque par hasard. Vue de l’arrière, sa silhouette est à la fois majestueuse et délabrée, témoin d’une architecture riche dont l’usage reste encore difficile à comprendre.
Le pigeonnier, premier indice
Juste à côté, un pigeonnier hexagonal apporte les premiers éléments de réponse. Il s’agit probablement d’une ferme manoir, organisée autour de sa basse-cour. Particularité remarquable : une ornementation en briques très riche, rare dans la région.
Première visite
Pas de clôture, seulement quelques vaches. On se hasarde à entrer, on enjambe un barbelé… et la surprise est totale. Les ornements se révèlent encore plus riches. Le pigeonnier donne sa pleine mesure, visible sur toute sa hauteur. Un bâtiment en retour d’angle, bien que rogné aux deux tiers et recouvert de tôle ondulée, laisse deviner une élégance passée.
L’achat
À l’écart des bâtiments historiques, une maison bourgeoise issue de la reconstruction semble appartenir à la même parcelle. On frappe à la porte. Une charmante vieille dame ouvre : la propriétaire. La conversation s’engage, on explique notre métier, notre désir de sauver ces bâtiments. En bonne Normande, elle prend son temps. De fil en aiguille, à un train de sénateur, un accord est trouvé pour racheter ce magnifique ensemble.
Le choc de la réalité
L’enthousiasme laisse vite place à la réalité. Le pigeonnier a perdu la moitié de sa toiture. Une poutre en orme pend, brisée, au cœur de la pièce circulaire. L’escalier de pierre tient par miracle. La cave déborde d’humidité, mais les bouteilles de cidre sont toujours là.
Un manoir profondément altéré
La partie gauche du manoir a vu sa toiture brûler trente ans plus tôt. Une charpente provisoire et des tuiles mécaniques ont remplacé l’ouvrage d’origine, dont on devine encore la forme sur les murs. La partie centrale sert de remise agricole : deux anciens planchers subsistent à plusieurs mètres de hauteur, sous une toiture en grande partie disparue. Un bel escalier de pierre, dont seules les premières marches subsistent, confirme qu’il s’agit bien d’un ancien manoir.Les dépendances oubliées
La partie droite conserve sa toiture d’origine, mais sa façade a été défigurée par des ouvertures liées à son usage d’étable. Au sol, un ancien système mécanique de convoyage du lisier subsiste. En retour d’équerre, un autre bâtiment, triste sous son appentis de tôle, révèle pourtant le même décor de briques, témoin de son élégance passée.Recherches et révélations
Désireux de comprendre l’histoire de ces bâtiments, des recherches sont engagées. Un spécialiste évoque l’existence d’un château construit en 1750, dont il retrouve plans, croquis et cartes postales anciennes. Problème : le château n’existe plus. En explorant le terrain avec les maçons, les fondations réapparaissent. Les murs périphériques, les sols en dalles de Valognes, l’escalier, le potager de la cuisine… tout ressurgit. Les plans d’origine correspondent parfaitement. La magie opère.
Comprendre l’histoire
Deux découvertes seront déterminantes : une pierre du pigeonnier gravée du chiffre 1619, et une carte postale ancienne montrant le bâtiment en retour d’équerre avec ses lucarnes caractéristiques. L’ensemble originel se compose donc d’un manoir, d’un pigeonnier et d’une écurie construits en 1619. Lors de la construction du château en 1750, ces bâtiments deviennent les communs, expliquant leur grande élégance.

Un programme ambitieux
Les priorités s’imposent : restaurer le pigeonnier pour en faire un gîte unique, restructurer le parc, redonner vie au manoir et à ses ailes, puis reconstruire le pavillon des anciennes écuries. Ravenoville devient un chantier fondateur, à la fois exigeant et profondément inspirant.
Découvrir le domaine de Ravenoville
