A propos du château de Fleury

Origines et histoire du Château 

« Un monument ancien est un livre sur lequel chaque génération a écrit une page. Il ne faut altérer aucune de ces pages. » Anatole France

 

Année 1910, Fleury-en-Bière ; la collectionneuse Martine de Béhague acquiert le domaine de Fleury qui se présente alors comme un ensemble composite, résultant d’une succession de nombreuses campagnes de travaux.

L’histoire commence en 1550, année ou Côme Clausse, acquéreur de la terre de Fleury qui possède aussi Courances fait ériger « des communs encadrant symétriquement une large avant cour, ainsi qu’une partie du château comprenant un logis greffé sur une tour médiévale et une aile principale à droite ». Le chantier sera conduit par le maître maçon Gilles le Breton sur les plans de Pierre Lescot, alors architecte du Louvre.

Ce château restera inachevé, sans qu’aucune aile gauche ne vienne le compléter pendant près de deux cents ans.

En 1770, sont entrepris des travaux d’agrandissement menés par Charles Dufresnoy sur les dessins de l’architecte Jean-Baptiste Chaussard : « […] le logis principal fut alors doublé en longueur et rhabillé. Chaussard choisit de pasticher les façades d’origine en brique et pierre, reproduisant même coté jardin une tour ronde d’angle pour faire pendant à celle du vieux logis. En revanche, il renforça l’axialité de la composition en dotant les façades sur cour et sur jardin d’un avant corps coiffé d’un fronton : enfin, il abaissa le comble du logis et côté cour, fît de l’étage lambrissé éclairé par des lucarnes un étage carré. »

Bien que composite en plan, le style architectural de l’ensemble est assez homogène puisque seule la brique et la pierre unifient les différentes façades.

Lorsque Martine de Béhague fait l’acquisition du domaine, elle décide à son tour de restaurer l’édifice mais davantage par souci d’esthétique que pour des raisons structurelles :

« Fleury conserva son déséquilibre avec une aile unique. En cela, elle rompait avec l’habitude détestable des architectes-restaurateurs de son temps de régulariser les édifices anciens. Tous ses efforts portèrent sur le logis principal, où toutes les parties hautes furent remaniées. […] Côté cour, Rahir (ndlr : l’architecte de Martine de Behague) démonta le second étage carré du XVIIIème siècle, transformant les baies en lucarnes passantes ; semblables à celles de l’aile droite, elles étaient ainsi plus proches de l’esprit de l’architecture de la Renaissance. En même temps, le comble fut entièrement reconstruit à deux pentes, « à la française », et rendu plus imposant. La mise en place de hautes souches de cheminées paracheva cette métamorphose. Qui redonnait un réel élan à l’ensemble. […] Philosophiquement, Martine de Béhague avait choisi de ramener la façade vers une époque plus proches de celle de l’aile et des communs, tout en ne niant pas l’intervention de Chaussard, dont le grand fronton fut conservé.

L’aménagement du parterre face au château fut également l’œuvre de Martine de Béhague. Elle refit les terrasses disparues ainsi que le grand bassin en contrebas. L’ensemble fut complété dans les années trente sur un dessin de René-Edouard André, de manière à ménager une anamorphose : depuis la façade du château, on voit le bassin s’appuyer sur la dernière terrasse, illusion qui escamote la pelouse qui le précède et le fait paraître plus grand.

[…] Le décor subsistant était-il altéré, incomplet ? En tous cas, Martine de Béhague le fit refaire. Elle s’était rendue propriétaire des plus belles dépouilles du Château de Vitry-sur-Seine, stupidement abattu en 1911. Elle fit remonter à Fleury plusieurs salons ornés de boiseries et surtout le grand escalier à rampe de fer forgé et vide central, que Rahir plaça au cœur du château. Ainsi, aux aménagements « en style » si fréquents alors, elle préféra le sauvetage d’éléments authentiques qui retrouvaient, grâce à son goût très sûr, une seconde vie dans un cadre digne d’eux. »

Source : Une restauration exemplaire : Fleury-en-Bière par Alexandre Gady.

Restauration de la Poterne 

Sur la route qui mène de Courances à Fontainebleau se trouve le magnifique domaine de Fleury-en-Bière protégé par de larges murs en briques et pierres, concordant avec le style du château et des communs.  Soudain, on remarque qu’une petite maison surplombe l’imposante porte voutée en bois sombre qui conduit au Château de Fleury.  Cette maison que l’on appelle « La Poterne », est le seul endroit d’où l’on puisse profiter d’une vue sur le château dans son entièreté. Il s’agit en fait de l’ancienne habitation du gardien qui, de son perchoir, pouvait surveiller les allers et venues sans peine.

On raconte qu’un soir de 1626, devait se tenir au Château de Fleury un dîner auquel était conviée la plus grande partie de conspirateurs contre Louis XIII encore très jeune roi à l’époque. Ce complot fût tué dans l’œuf par les aveux de Monsieur le frère du Roi qui lui-même faisait partie des conspirateurs mais était si couard qu’il eût livré au Roi tous les noms. Le dîner n’eut jamais lieu…et le gardien de la Poterne dut certainement attendre bien longtemps des carrosses qui n’arrivèrent jamais non plus…

Occupée depuis la construction du château de Fleury, datant de la moitié du XVIème siècle, la Poterne fût ravagée par les flammes en août 2013.

C’est en 2016 que Pierres d’Histoire récupère cet édifice et entame sa restauration pendant six mois en s’appuyant sur le savoir-faire de trois artisans. De l’incendie, il ne subsiste plus rien qui puisse être réutilisé sur le chantier hormis le vieil escalier rustique du XVIIème et ses tomettes en terre cuite, ainsi que la cheminée.  Aujourd’hui, la Poterne est composée d’une pièce à vivre et de deux chambres ; cette distribution des pièces reste inchangée par rapport à la maison d’origine, puisque aucun plancher n’a été modifié.

Pour cette rénovation, le gros défi du chantier réside dans le fait de créer trois pièces en une (cuisine, salon, salle à manger) au premier niveau tout en gardant le volume et l’esthétique de l’espace initial. Pour ce faire, le choix des meubles est crucial : il a notamment fallu trouver une table de salle à manger très étroite et une cuisinière dont la taille coïncidait parfaitement avec celle de la cheminée.

Coté décoration, chaque détail invite à la détente et au repos. Ce sont des tonalités très douces et un mobilier de campagne de style début XVIIIème qui habillent cet endroit tout à fait insolite.  Coup de cœur spécial pour la jolie commode chinée à Drouot et le faisan vénéré dans l’escalier. Bien qu’à l’origine la Poterne soit la modeste demeure du gardien, l’esprit de la vie de château y est définitivement présent.  

 

Pour y séjourner

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La Poterne du Château de Fleury

Pour 4 personnes

A partir de 210 € par nuit

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La Tour du Château de Fleury

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L'Ecurie du Château de Fleury

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La Vigie du Château de Fleury

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