A propos du Domaine de Ravenoville

Histoire

A l’origine, le domaine de Ravenoville est un domaine rural, enrichi au XVIIIème siècle par la construction du château éponyme, commandée par un certain Monsieur Louis Berryer, proche de Colbert et surintendant des finances.

Inhabité en 1890, le château fut simplement maintenu hors d’eau par son propriétaire. Occupé par des réfugiés belges pendant la Grande Guerre puis gravement sinistré à la suite des bombardements du 6 juin 1944, il fût démoli en 1955, l’insuffisance des dommages de guerre empêchant de le sauver. En 1972, les caves sont effondrées par les propriétaires mais on le saura bien plus tard lorsque Pierres d’Histoire reprend le contrôle du domaine et que les ouvriers tombent sur les ruines au cours des travaux.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les allemands ne réquisitionneront pas le château de Ravenoville en raison de son état déjà trop délabré, en revanche ils investiront les parterres d’entrée (la maison carré a été construite en 1955 avec les dommages de guerre) pour y construire une usine de fabrication d’ « asperges de Rommel » en béton. Il s’agit de pieux en béton armé, assemblés par trois sous la forme d’un tripode longs de 3 mètres et généralement plantés sur les plages ou dans les champs et autres terrains plats en arrière du littoral pour prévenir un quelconque débarquement et renforcer ainsi les défenses côtières du Mur de l’Atlantique.

Par un grand concours de circonstances, PDH a réussi à se procurer un croquis réalisé par un artilleur qui réglait depuis le parc du château les tirs des batteries voisines d’Azeville et de Crisbecq visant Utah Beach.

L’on sait aussi qu’une partie des terres du château de Ravenoville abrita le camp de prisonniers allemands de Foucarville CCE19 regroupant plus de 100 000 personnes. Véritable ville éphémère construite par les américains avec l’aide des prisonniers, ce camp regroupait un hôpital, deux églises, deux théâtres, une boulangerie, une école, un atelier de charpente et fut unanimement salué comme un lieu de réconciliation.

Il est aujourd’hui difficile de dater réellement l’existence du domaine de Ravenoville car l’énigme reste entière : les communs autour du château étant très antérieurs à la construction de celui-ci, cela laisse supposer l’existence d’un château encore plus ancien dont le corps central serait l’actuel Manoir.

Architecture

Du domaine de Ravenoville, il ne reste donc que les communs ; en les observant plus attentivement et grâce à une photographie on reconnait le style symétrique de l’architecture Louis XIII, harmonieuse mais sévère. Les toits à longues pentes sont caractéristiques de l’époque, tout comme les frontons triangulaires qui ornent les linteaux des ouvertures. Le colombier octogonal à pans coupés témoigne d’une grande élégance.

Ces bâtiments subsistants relèvent d’un parti architectural assez exceptionnel dans la Manche alliant la brique et la pierre, en usage inversé par rapport aux pratiques habituelles : l’ossature est constituée de briques encadrant les parois traitées en pierre de petit appareil, dans une composition qui n’est pas sans rappeler – sous une forme plus modeste -le parti mis en œuvre au Château de Torigny édifié par François Gabriel au début du XVIIème siècle.

Restauration du Pigeonnier

Le pigeonnier dont la construction date de 1621, fut investi en lieu d’habitation dès le début du XVIIIème siècle. En Septembre 2013, Pierres d’Histoire démarre le chantier de restauration de cet édifice abandonné depuis presque cent-cinquante ans.  

Dès lors, tout l’enjeu de Pierres d’Histoire réside dans le fait de restituer l’âme des lieux le plus fidèlement possible. Près de deux ans de travaux seront nécessaires pour aboutir à un résultat d’une grande originalité et d’une grande cohérence architecturale. Ce chantier mobilisera un maçon tailleur de pierre et un menuisier charpentier qui travailleront d’arrache-pied pour insuffler une vie nouvelle à ce lieu exceptionnel.

Avant de lancer le gros œuvre, il faudra prendre le temps de vider complètement le pigeonnier des gravats qui l’encombrent et des quelques centaines de bouteilles en verre entreposées çà et là par ses derniers occupants allemands.

Puis, vient la partie la plus délicate du chantier soit le nettoyage minutieux des deux mille deux cents trous de boulins servant de nichoir aux pigeons. En effet, ces trous étant remplis de fiente vieille de plus de cent ans, chacun imagine sans peine la rudesse de la tâche.

Après cela, il faudra restaurer la charpente et installer une nouvelle toiture. Viendra ensuite, la réalisation des escaliers ; l’un pour relier le sous-sol au rez-de-chaussée, le second menant du rez-de-chaussée au premier niveau.

Enfin, afin de rendre ce lieu habitable et lui faire bénéficier d’un confort moderne sans dénaturer son architecture originelle, il faudra imaginer de nombreuses techniques de telle sorte que rien n’apparaisse pour ne laisser voir que la beauté des matériaux.

 

Restauration du Manoir

Lorsque Pierres d’Histoire en fit l’acquisition, le corps central du domaine de Ravenoville était une charreterie. Très vite, et grâce aux conseils de l’architecte des bâtiments de France, on remarque en observant la façade, trois magnifiques arches dites « en anse de panier », surplombées de deux niveaux destinés au stockage de denrées agricoles. 

D’un côté et de l’autre, les façades majestueuses donnent à l’édifice des allures de petit château du XVIIème alors que nous pensions qu’il ne s’agissait que de communs ; vérification faite plusieurs années plus tard, il s’avère qu’il était LE manoir et que seules les ailes étaient réservées à un usage agricole.

La décision est prise de rénover cette bâtisse à l’intérieur de laquelle il ne reste que deux maigres poutres rongées par les vers. A douze mètres du rez-de-chaussée, s’élève une charpente magnifique malheureusement piquée par la moisissure et les champignons. Le toit quant à lui est dans un état préoccupant, laissant passer beaucoup d’air et des quantités d’eau !

Les travaux débutent par la restauration de la charpente en conservant au maximum ses pièces d’origine et sa structure supérieure en croix de Saint-André.

De l’escalier qui monte aux étages il ne reste que les trois premières marches en pierre et une pauvre marche en chêne massif toute vermoulue. Il faut les refaire entièrement afin que celles-ci correspondent très exactement aux saillies de la maçonnerie qui elles, n’ont pas bougé. 
Les niveaux de planchers sont tous reconstruits à l’identique et les fenêtres qui avaient été bouchées sont réouvertes. Sur les deux étages, on peut désormais compter quatre chambres et quatre salles de bain.

 

Au rez-de-chaussée, trois ouvertures sur la façade nord est créée et dessert de nouvelles pièces : un vestibule, une entrée, une bibliothèque, une pièce à vivre et une salle à manger. Dans toutes ces pièces, on retrouve des éléments architecturaux d‘époque tels que des cheminées et des trumeaux Régence, ou encore de la terre cuite venant d’Anjou et des boiseries basses datant du XVIIIème. 

En tout et pour tout, la rénovation de ce bâtiment nécessite un escadron d’artisans qualifiés encadrés par un maçon tailleur de pierres et un charpentier. Ils utiliseront, pour ce chantier seul, plus de 30 m³ de chêne ancien de récupération et plus de 10 000 briques, d’un format et d’une couleur très particuliers, toutes moulées à la main et trouvées aux quatre coins de la France.

Malgré l’utilisation de tous ces matériaux anciens, l’ensemble du bâtiment a été restauré en adoptant des techniques très modernes pour assurer à nos visiteurs un confort maximum (isolation, chauffage par le sol, réseaux électriques, etc).

Pour y séjourner

Normandie

Le Pigeonnier de Ravenoville

Pour 4 personnes

A partir de 175 € par nuit

Normandie

Le Manoir de Ravenoville

Pour 8 personnes

A partir de 385 € par nuit